mercredi 19 décembre 2012

Eau du robinet: risque d'allergie alimentaire ?

Les dichlorophénols, composés aromatiques présents dans les pesticides et l'eau potable, pourraient être en partie responsables d'allergies alimentaires.
Ce sont les conclusions d'une étude récente parue dans Annals of Asthma, Allergy and Immunology
"Notre recherche montre que des taux élevés de pesticides contenant du dichlorophénol pourraient diminuer la tolérance alimentaire chez certaines personnes et provoquer l'allergie alimentaire. Ce composé chimique est fréquemment retrouvé dans les pesticides utilisés par les agriculteurs, mais aussi dans les insecticides et les herbicides utilisés par les particuliers"
Les concentration urinaire de dichlorophénols ont été mesurés chez 10 348 participants issus de la cohorte NHANES (US National Health and Nutrition Examination). Les mesures de concentration urinaire se sont révélées positives chez un quart des patients: 2211 personnes ont été incluses dans l'étude. Une allergie alimentaire et une allergie environnementale ont été observées chez respectivement 411 (18,6%) et 1016 (46%) d'entre elles, les individus présentant les concentrations les plus élevées de dichlorophénol étaient les plus sujets aux allergies, leur risque d'intolérance alimentaire était augmenté de 80 %, et la probabilité de présenter les deux types d'allergies était supérieure de 61 % comparé aux personnes avec les taux les plus bas.
Mais ce problème ne concerne malheureusement pas que l'eau du robinet car nombreux fruits et légumes sont également traités avec ces pesticides...

18/12/2012

mercredi 5 décembre 2012

Fruits et légumes: comme il faut

Les fruits et légumes ont des qualités nutritionnelles évidentes, mais les consommer en grande quantité ne résout pas les problèmes de surpoids ou d'obésité s'ils viennent se surajouter à l'alimentation de base. En effet, des chercheurs ont étudié l'effet d'une "charge" en fruits et légumes avant un repas, pour voir si l'appétit était diminué et si le repas était moins important. Il n'en est rien, car l'appétit n'est pas modifié. Manger des fruits et légumes en plus des repas ne permet donc pas de résoudre le surpoids car il ne diminue pas la quantité totale d'énergie ingérée. Pire, si on boit du jus de fruit entre les repas, il y a même une prise de poids possible car les jus de fruits sont essentiellement riches en sucre. Pour mémoire, un verre de jus d'orange pur jus contient autant de sucres qu'un verre de coca-cola normal. En fait, si on veut "bien faire", il faut simplement équilibrer ses repas en remplaçant certains aliments par des fruits et légumes, comme par exemple remplacer une crème dessert par un fruit.
International Journal of Obesity
05-12-2012

lundi 26 novembre 2012

Le lait, source de bienfaits

Le lait est un aliment beaucoup plus bénéfique que néfaste à la santé , en raison de ses nombreux nutriments:

  • Calcium: formation et santé des os et des dents, coagulation sanguine, pression sanguine, contraction musculaire dont le coeur.

  • Phosphore: formation et santé des os et des dents, nombreuses réactions chimiques de l'organisme.

  • Vitamine B2 ou riboflavine: métabolisme énergétique des cellules, croissance et réparation des tissus, production des hormones et des globules rouges.

  • Vitamine B12: participe avec la vitamine B9 ou acide folique à la formation des globules rouges.

  • Vitamine D: essentielle à la santé des os et des dents, rôle dans la croissance cellulaire et l'immunité

  • Selenium: un des principaux enzymes anti-oxydants.

  • Acide pantothénique ou vitamine B5: agit sur le système nerveux et les glandes surrénale. Santé de la peau et des muqueuses. Métabolisme des lipides.

  • Vitamine A: santé de la peau des dents et des os, protection contre les infections, anti-oxydant.

  • Acide linoléique conjugué ou oméga 6: dans le lait de vache nourrie en paturage. protection cardiovasculaire.

  • Sources: table CIQUAL / American Journal of Clinical Nutrition

  • 26-11-2012


jeudi 22 novembre 2012

Pas assez de fibres!

Les français ne mangeraient pas assez de fibres selon nutrinet-santé, ce qui est préoccupant. Le 11 mai 2009, a été lancée officiellement « l'étude NutriNet-Santé » pour étudier les comportements alimentaires. Cette étude épidémiologique s'est fixé comme objectif de recruter des internautes (de plus de 18 ans), les « Nutrinautes », acceptant de répondre chaque année, sur le site www.etude-nutrinet-sante.fr, à des questionnaires sur leur alimentation, leur activité physique, leurs poids et taille, leur état de santé et sur divers déterminants des comportements alimentaires. Trois ans et demi après son lancement, 235 016 internautes se sont déjà inscrits. Grâce au système de recueil des apports alimentaires via Internet, il a été possible d’estimer les apports en fibres dans l'alimentation, et les résultats ne sont pas bons:
-Les apports en fibres observés dans NutriNet-Santé (environ 20 g/j chez les hommes et 18 g/j chez les
femmes) sont nettement en dessous des recommandations, ce qui est préoccupant en termes de santé publique.
- En effet, il est aujourd’hui admis qu'un apport insuffisant en fibres augmente le risque de maladies
cardiovasculaires, d’obésité, de diabète de type II et de cancer colorectal.
-Seuls 22% des hommes et 12% des femmes atteignent le seuil de 25 g/j (minimum recommandé) et seuls
10% des hommes et 4% des femmes atteignent le seuil de 30 g/j (seuil optimal recommandé).
- Les apports en fibres sont également moins élevés chez les hommes en surpoids ou obèses.
- Les groupes d’aliments qui contribuent le plus à l'apport en fibres dans l’alimentation des Français sont les légumes, les fruits et le pain et les biscottes. Les légumes secs et les aliments complets tels que le riz complet ou les pâtes complètes, bien que riches en fibres et ayant une bonne qualité nutritionnelle sont encore trop peu consommés par les Français.
Nutrinet-sante
22-11-2012

vendredi 2 novembre 2012

La pistache, aliment riche

La pistache est un des meilleurs des fruits à coque (pistache, amande, noisette, arachide, noix de cajou). De plus, sa coque s'ouvre facilement. On le trouve logiquement dans la plupart des apéritifs. pourtant, savez vous que cet aliment est riche en nutriments bons pour la santé? Au premier rang, les acides gras insaturés, qui ont un effet positif sur les lipides sanguins et le taux de cholestérol, mais également les phytostérols, qui contribuent à diminuer le "mauvais" cholestérol, et les anti-oxydants (anthocyanine, resvératrol...) qui ont une activité bénéfique dans les maladies cardiovasculaires et certains cancers. La pistache est également une source excellente de cuivre, de vitamine B6 (pyridoxine), et une bonne source de phosphore, fer, manganèse, vitamine B1 et vitamine K. Enfin, il faut préciser que certaines pistaches apéritives sont salées, ce qui annule leurs bienfaits cardiovasculaires en raison de la forte teneur en sel. The Journal of Nutrition / Journal of the american college of nutrition / J Agric Food Chem
02-11-2012

mercredi 31 octobre 2012

Petit déjeuner: primordial chez les ados

L'enquête HBSC (Health Behaviour in School-aged Children) est faite par l’OMS tous les 4 ans depuis 1982. Elle consiste à évaluer les comportements de santé des enfants et adolescents en âge scolaire. Actuellement, plus de quarante pays, essentiellement européens, y participent. Parmi les éléments mesurés, un des plus importants est la prise d'un petit déjeuner, car il conditionne en partie les habitudes alimentaires et le contrôle du poids. Apport de calcium, source d'énergie pour le corps à jeun du matin et les apprentissages à venir, arme anti-grignotage, le petit-déjeuner est un repas particulièrement important pour les adolescents. Ils sont 58 % à prendre un petit-déjeuner tous les jours (semaine et week-end), en particulier les garçons (63 % vs 54 % pour les filles). Cette proportion a peu évolué par rapport aux résultats de l'enquête HBSC 2006. Ce taux relativement faible pourrait s'expliquer par le manque de temps dû aux horaires matinaux les jours d'école ou le stress lié à la scolarité puisque le week-end plus de 80% des jeunes prennent un petit-déjeuner. Les adolescents prenant quotidiennement un petit-déjeuner présentent globalement de meilleures habitudes alimentaires que ceux sautant au moins un petit-déjeuner dans la semaine. Ils déclarent manger plus régulièrement des fruits (41 % vs 35,5 %) et des légumes (48 % vs 39 %), et consommer moins de sucreries (22% vs 28 %) et de boissons sucrées (22 % vs 34 %). Ces résultats peuvent expliquer le fait qu'ils sont également moins sujets au surpoids (9 %) que les jeunes ne prenant pas de petit-déjeuner tous les jours (13%). Source: INPES
05-10-2012

Lait maternisé et leucémie: quel lien?

La nouvelle pourrait inquiéter, mais il faut probablement en tenir compte. Une conférence faite lors du dernier congrès de l'association américaine de prévention du cancer pointe le risque d'une alimentation des nourrissons par lait maternisé trop longue dans l'apparition d'une leucémie aiguë lymphoblastique (LAL). Les LAL représentent 75% des leucémies de l'enfant. Dans l'étude en question, les enfants atteints de LAL avaient été nourris au lait maternisé en moyenne 10 mois contre 8 mois pour les autres. Le risque augmenterait de 16% pour chaque mois supplémentaire de lait maternisé, et de 14% pour chaque mois de retard dans le début de la diversification alimentaire (nourriture solide). Par ailleurs, la durée de l'allaitement maternel n'influait pas sur le risque de LAL. Ces résultats ont encore besoin d'être publiés et confrontés aux remarques et critiques d'autres experts. American Association for Cancer Research
18-10-2012

Obésité: exercice à jeun plus efficace?

Faire de l’exercice à jeun serait plus efficace pour perdre du poids selon une étude Ecossaise et Malaisienne publiée dans le British Journal of Nutrition. Cette étude, en comparant chez 10 hommes en surpoids (IMC entre 25 et 30), les effets de l'exercice physique avant et après le petit déjeuner, suggère que la dégradation des graisses et la dépense énergétique totale sont plus élevées si l'exercice est fait avant le petit déjeuner. Il faut toutefois noter que l'étude est faite sur un petit nombre de personnes, et sur une très courte période. D'autres résultats sont donc nécessaire. De plus, rappelons que faire de l'exercice physique est dans tous les cas meilleur que de ne pas en faire.
31-10-2012

mercredi 10 octobre 2012

Les tomates anti-AVC

Selon une étude finlandaise publiée dans la revue Neurology, manger des tomates, riches en lycopène, un antioxydant, diminuerait nettement le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC). Cette étude, menée sur 1031 hommes finlandais âgés de 46 à 65 ans suivis en moyenne pendant 12 ans, a montré que ceux dont les taux de lycopène dans le sang étaient les plus élevés, avaient 55% moins de risque de faire un accident vasculaire cérébral, par rapport à ceux dont les taux de lycopène étaient les plus bas. Ces recherches confirment donc le bien-fondé d’une alimentation riche en fruits et légumes, sachant que le lycopène se trouve dans les tomates en grande quantité (c'est ce qui donne la couleur rouge), y compris sous forme de ketchup (!) mais également dans d’autres fruits (pastèque, pamplemousse, papaye, goyave, …). Le lycopène dont les propriétés sont nombreuses, jouerait également un rôle dans la prévention de pathologies liées à l’obésité comme le diabète, selon une étude de l'INRA et serait également protecteur contre le cancer de la prostate selon le rapport 2007 du Fond International de Recherche Contre le Cancer (WCRF).
10-10-2012

samedi 29 septembre 2012

Pas de lait dans mon thé, please!

Le fameux nuage de lait dans le thé des anglais a du plomb dans l'aile. En effet, alors que la consommation de thé est connue pour lutter contre les maladies cardiovasculaires, l'adjonction de lait bloquerait ces effets bénéfiques. c'est ce qu'a démontré une étude hollandaise publiée dans le European Heart Journal. Les chercheurs ont étudié l'élasticité des artères de femmes qui buvaient du thé noir (500ml) soit seul, soit avec 10% de lait. Celles qui ne prenaient pas de lait avaient des artères qui se dilataient plus facilement (ce qui est très bénéfique dans l'hypertension ou les maladies cardiovasculaires), alors que la présence de lait bloquait complètement cet effet. C'est probablement la caséine (protéine du lait), qui bloque les catéchines (substances anti-oxydantes) du thé. Il semblerait donc que pour obtenir un effet bénéfique du thé pour les artères, il ne faut pas rajouter de lait.
29-09-2012

mardi 4 septembre 2012

Edulcorants et prématurité: de nouveaux indices

En 2010, une étude danoise portant sur 59334 femmes enceintes, avait montré que le risque d'accouchement prématuré (naissance avant 37 semaines) est augmenté de 38% si la femme prend une boisson aux édulcorants par jour, et de 78% pour quatre boissons aux édulcorants par jour. Cette étude avait suscité une polémique, car la consommation de boissons aux édulcorants est courante. Une nouvelle étude, en Norvège cette fois-ci, portant sur plus de 60 000 femmes enceintes confirme ce risque puisque pour plus d'une boisson aux édulcorants par jour, le risque de naissance prématurée est augmenté de 11%. A noter également que pour une consommation de plus d'une boisson sucrée (au "vrai" sucre) par jour, ce risque est augmenté de 25%. De son côté, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire confirme dans un point d'étape, l'absence d'intérêt nutritionnel des boissons aux édulcorants pendant la grossesse, avant de rendre des conclusions plus précises dans son rapport définitif.
Sources : ANSES / American Journal of Clinical Nutrition / American Journal of Clinical Nutrition
04-09-2012

mardi 7 août 2012

Connaître la composition des aliments

Le Centre d'information sur la qualité des aliments ("Ciqual") a été créé en 1985, grâce à l'initiative conjointe des Pouvoirs Publics et des industries agroalimentaires. En 1990, le Ciqual est devenu une unité de recherche du Centre national d'études vétérinaires et alimentaires (Cneva) et en avril 1999 une équipe de l'Afssa devenu depuis 2010 l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail). La base de données de Ciqual a été réactualisée en 2012 et intègre la composition qualitative et quantitative de plus de 1440 aliments couramment consommés. Un nouveau moteur de recherche permet de trier les aliments sur la base de leur teneur en un constituant (quel est par exemple l'aliment le plus riche en oméga 3 ou le plus pauvre en sel). Une base de donnée accessible au grand public et surtout très fiable.
Source: CIQUAL (ANSES)
07-08-2012

dimanche 15 juillet 2012

Encore le chocolat noir...

Le chocolat noir fait encore parler de lui. Dans un récent article paru dans le British Medical Journal, une équipe de l'université de Monash à Melbourne semble démontrer que le chocolat noir pourrait être un moyen peu coûteux de prévenir les évènements cardiovasculaires chez des sujets à risque de maladie cardiaque. Cette étude de modélisation prédit que les patients présentant un syndrome métabolique et mangeant quotidiennement du chocolat noir pourraient avoir moins de risque d'évènements cardiovasculaires (85 évènements par 10000 sujets de moins au-delà de dix années). Plusieurs études préalables avaient déjà suggéré un effet hypolipémiant et hypotenseur du chocolat noir (elles préconisent une teneur en cacao de 60 à 70% minimum). Un "traitement" quotidien à base de chocolat noir, s'il était respecté à 100% (soit une teneur en polyphénols équivalante à 100 gr de chocolat noir) pourrait, selon le modèle statistique utilisé, éviter 70 accidents non mortels et 15 décès par 10000 habitants (et pourrait pour les auteurs être un moyen économique de prévention!). Peut-être irréalisable à respecter mais la conclusion à retenir est que le choclolat noir n'est pas si mauvais pour la santé...
Source: British Medical Journal
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jeudi 12 juillet 2012

Canneberge: des bienfaits confirmés

La canneberge (ou" cranberry", airelle rouge, "ataca" au Québec) est une plante vivace poussant à l'état sauvage dans les tourbières acides des régions du Nord. Ses baies sont rouges et consommées depuis un certain temps en Amérique du Nord, au Canada, en Angleterre et depuis moins longtemps en France. Son gout est acide et astringent, il est commercialisé et produit industriellement essentiellement dans les pays d'Amérique du Nord et du Canada, vendue sous forme de jus pur ou en mélange, de fruits séchés, dans les magasins de produits diététiques et bio, ainsi que sous forme de compléments alimentaires (gélules, comprimés, sachets, etc.) en pharmacie. La canneberge est riche en vitamine C et en anti-oxydants, flavonoïdes en particulier (action "anti-vieillissement") Elle contient également de la proanthocyanidine, composé supposé empêcher certaines bactéries Escherichia coli responsables des cystites récidivantes d'adhérer à la vessie et de causer l'infection. La prise régulière de cranberry serait donc un traitement naturel préventif efficace des infections urinaires récidivantes. Cette notion déjà connue vient d'être confirmée par une étude parue dans Archives of Internal Medicine : les données rassemblées à partir de 10 études comparant les consommateurs de canneberge aux non consommateurs ont relevé un risque relatif diminué à 0.62. Il faut parfois préférer les traitements naturels...
Source: Archives of Internal Medicine
12-07-2012

mercredi 27 juin 2012

Les fibres alimentaires en priorité

Les fibres alimentaires sont constituées de mélanges complexes de glucides (polysaccharides). Ces polysaccharides peuvent provenir de la paroi cellulaire des végétaux (cellulose, hémicellulose, pectine, lignine) ou du cytoplasme des cellules: gomme arabique (arbre) gomme de guar et de caroube (graine), alginate et carraghénanes (algues), inuline... Elles peuvent être solubles dans l'eau (pectines, mucilages) formant des gels visqueux au contact de l'eau, ou insolubles (cellulose, hémicelluloses, lignine..) Résistants à la digestion dans l'intestin, les fibres alimentaires n'ont pas de valeur nutritionnelle apparente...il a pourtant été suggéré de très nombreux effets bénéfiques : réduction du risque de maladie coronarienne, de certains cancers, réduction du taux de cholestérol, régulateur du transit, réducteur de la formation de calculs bilaires, régulateur tensionnel, ralentissement de l'absorption des glucides et amélioration de la sensibilité à l'insuline... Une étude à grande échelle menée pendant neuf années et parue dans les Archives of Internal Medicine montre que, chez des personnes âgées de 50 à 71 ans en début d'étude, l'alimentation la plus riche en fibres (essentiellement apportées par les céréales) réduit de 25 à 60 %, la mortalité globale, la mortalité de cause infectieuse ou respiratoire!... Pour rappel, quelques aliments parmi les plus riches en fibres : son de blé (47,5gr pour 100gr), haricots blancs (25,5 gr), pois chiche (15 gr), amende (14,3 gr), lentilles, flocons d'avoine, bananes, pain complet, céréales complètes... Sans oublier qu'une farine raffinée (farine blanche) est une farine obtenue à partir de grains sans écorce donc sans fibres...
Source: Archives of Internal Medicine
27-06-2012

samedi 23 juin 2012

Des boissons dites énergisantes...

Le terme " boissons énergisantes " n'est pas encadré réglementairement. Il regroupe des boissons censées "donner de l'énergie" et contenant généralement des ingrédients supposés " stimulants " (taurine, caféine, guarana, ginseng, vitamines…). Dès 2008, à la demande du Ministère de la Santé, un dispositif de surveillance des effets indésirables pouvant être liés aux boissons énergisantes avait été mis en place par l'Institut de veille sanitaire (INVS) : vingt-quatre cas avaient été rapportés. Pour treize d'entre eux, un lien de causalité possible ou probable avait pu être établi. Les effets rapportés étaient d'ordre cardiologique (tachycardie) et/ou neurologique (crises d'épilepsie, paresthésies, tremblements, vertiges) et/ou psychiatrique (angoisses, agitation, confusion). Par ailleurs trois cas d'accidents vasculaires cérébraux et deux cas d'arrêt cardiaque (dont un mortel) avaient été signalés pour lesquels le lien avec la consommation de boisson énergisante n'avait pu être clairement établi. L'Agence avait attiré l'attention sur le fait que certains modes de consommation courants de ces boissons (activité sportive, consommation en mélange avec de l'alcool) pourraient être associés à des risques cardio-vasculaires lors d'exercices physiques intenses et de perception amoindrie des effets liés à l'alcool. En 2009, l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) avait pris le relais : six nouveaux cas ont été signalés. Tous concernent des personnes de moins de 50 ans. Aucune preuve formelle de causalité n'a encore pu être mise en évidence. Le dispositif de "Nutrivigilance" a alors été mis en place et en 2010/2011, 192 effets indésirables ont déjà été signalés; un dispositif de télédéclaration accessible à tout le monde afin de signaler tout effet indésirable et permettre une étude plus approfondie : Nutrivigilance Aucune étude en revanche n'a démontré d'effet positif des boissons énergisantes dont on peut sans crainte se passer...
Sources: Nutrivigilance
22-06-2012

mercredi 20 juin 2012

Printemps et régimes amaigrissants...

Le printemps et l'arrivée de l'été (avec la plage...) sont habituellement synonymes de régimes amaigrissants dont les médias font largement la promotion. Même si surpoids et obésité constituent un véritable problème de santé publique, l'étude INCA2 (Étude Nationale des Comportements Alimentaires) menée entre 2005 et 2007 avait montré que plus de 30 % des femmes ayant un poids "normal" et 15 % des femmes "minces", avaient suivi un régime pendant l'enquête ou avaient suivi un régime l'année précédant l'enquête. Plus récemment l'étude NUTRINET a montré que près de deux femmes sur trois de poids normal font des régimes et que 27 % des hommes de poids normal disent souhaiter maigrir. "Aujourd’hui en France, la représentation sociale collective du corps érige la minceur voire la maigreur en modèle de beauté. Face à la demande, les pratiques d’amaigrissement se sont considérablement développées, le plus souvent sans suivi médical, et conduisant parfois à de graves excès. En effet, la quête de la minceur est susceptible d’entraîner des troubles du comportement alimentaire, notamment chez les personnes les plus vulnérables et les adolescents" L'ANSES rappelle "Certaines situations (obésité, surpoids, prise de poids importante) peuvent nécessiter de chercher à perdre du poids. Mais dans tous ces cas, un diagnostic précis des causes de la prise de poids est nécessaire. Cette démarche doit se faire avec l'accompagnement d'un professionnel de santé qui analysera le contexte de la prise de poids et ses conséquences. Seul cet accompagnement permettra de déterminer s'il est nécessaire ou non de perdre du poids et de définir les objectifs et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. Cette démarche doit viser une réduction adaptée et prudente du poids, planifiée précocement (afin de pouvoir agir sur les facteurs à l'origine) puis une stabilisation avec des moyens appropriés, tout en veillant à préserver l'état de santé physique et psychologique à moyen et long terme." Rien ne peut remplacer une alimentation équilibrée et diversifiée, le fait de se restreindre, parfois de manière drastique, pour perdre du poids n'est jamais anodin, et nombreux régimes ont des effets néfastes. Un rapport intéressant et très détaillé sur les différents régimes et leurs conséquences peut être consulté sur le site de l'ANSES
Sources: NUTRINET / ANSES
20-06-2012

vendredi 15 juin 2012

Aspartame : risqué ou non?

L'aspartame, édulcorant de synthèse, a été découvert en 1965 par un chimiste de la société Searle et une première autorisation de mise sur le marché (AMM) a été accordée aux États-Unis par la Food and Drug Administration ("FDA") en 1974. Cette AMM a été suspendue quelques mois plus tard, à la suite d'un appel contre cette autorisation motivé par la possibilité d'effets toxiques et cancérigènes sur le cerveau, du composé ou de ses métabolites. Après réévaluation des études sur animaux de laboratoire et examen de nouvelles données (dont une étude de cancérogenèse chez le rat), la FDA accordait de nouveau l'AMM à ce produit en 1981 dans les aliments solides. Cette autorisation était étendue aux boissons gazeuses en 1983 et comme édulcorant général en 1996. En France, l'aspartame a été autorisé à partir de 1988. La dose maximum journalière acceptable ("DMJ") de l'aspartame pour l’homme a néanmoins été fixée à 40 mg/kg de poids corporel/jour. L'aspartame continue cependant de diviser les scientifiques depuis son apparition: plus récemment le Réseau Environnement Santé a souhaité alerter les pouvoirs sur les risques potentiels d'accouchement prématuré chez des femmes enceintes consommant de l'aspartame : une étude danoise (Halldorsson) aurait démontré que boire quotidiennement une canette de soda "light" augmenterait les risques d'accouchement prématuré de 27 à 28%. L'ANSES a émis un nouvel avis sur ces allégations en date du 14/03/2011 et conclut : "cette nouvelle publication n'apporte pas de base scientifique suffisante pour justifier une révision de la DMJ". L'ANSES n'omet cependant pas de préciser dans ses conclusions "Comme mentionné par les auteurs, il conviendrait de conduire de nouvelles études pour infirmer ou confirmer leurs résultats". De quoi alimenter peut-être la polémique...
Sources: ANSES / American Journal of Clinical Nutrition / Un site également consultable sur l'aspartame : European Food Safety Authority15-06-2012

jeudi 14 juin 2012

Des régimes inutiles et risqués

La troisième Etude Individuelle nationale des consommations alimentaires (INCA) réalisée par l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES), qui consiste à recueillir les consommations alimentaires d'un échantillon d'habitants de France métropolitaine durant 7 jours, a montré que plus de 30 % des femmes ayant un poids "normal" et 15 % des femmes "minces", ont suivi un régime pendant l'enquête ou avaient suivi un régime l'année précédant l'enquête. Récemment l'étude Nutrinet avait montré que près de deux femmes sur trois de poids normal font des régimes et 27 % des hommes de poids normal disent souhaiter maigrir. Cette quête de la minceur et le foisonnement de régimes qu'il est possible de suivre seul, sans avis médical ont poussé les pouvoirs publics à saisir l'Agence pour qu'elle évalue les risques liés à ce type de pratiques. principale conclusion est que choisir de se restreindre, parfois de façon drastique, pour perdre du poids n'est pas un acte anodin. L'expertise menée le démontre scientifiquement. Ce travail met en évidence des effets néfastes, notamment pour les os, le cœur et les reins, ainsi que des perturbations psychologiques, notamment des troubles sévères du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, ….). De plus, quand on perd du poids, on perd aussi du muscle, or le muscle produit de la chaleur, en en produisant moins on stocke plus… L'analyse des données scientifiques établit également que la pratique des régimes peut provoquer des modifications profondes du métabolisme énergétique. Ces modifications sont souvent à l'origine du cercle vicieux d'une reprise de poids, éventuellement plus sévère, à plus ou moins long terme. Ce qu'on appelle couramment l'effet yo-yo. Ainsi, une des conséquences majeures et récurrentes des privations et exclusions pratiquées, quelque soit le régime, est, paradoxalement, la reprise de poids, voire le surpoids. Plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise de poids.
Source: ANSES
14-06-2012

vendredi 8 juin 2012

Compléments alimentaires: quelle utilité?

Le concept de complément alimentaire est relativement récent. On entend par compléments alimentaires les denrées alimentaires "dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés". Depuis quelques années, on constate une augmentation de la consommation de compléments alimentaires dans la population française et des aliments enrichis dans l'offre alimentaire. Les déficits et, à fortiori, les carences en nutriments sont très rares en population générale et concernent majoritairement des groupes particuliers de population (femmes enceintes, personnes âgées, populations en situation de grande précarité...). La supplémentation devrait, dans ces cas, être dûment éclairée par un avis médical. Pour la très grande majorité de la population, une alimentation équilibrée suffit à apporter tous les nutriments nécessaires à la santé. ll n'y a pas, pour l'essentiel de la population, de bénéfice démontré à consommer des compléments alimentaires alors même que l'on manque d'études qui permettraient, lors de prises régulières et prolongées, de montrer leur innocuité et que des signalements d'effets indésirables susceptibles d'être liés à leur consommation ont été rapportés. Dans le cas des compléments alimentaires contenant des vitamines et minéraux, il peut même exister un risque de dépassement des limites de sécurité en cas de consommation excessive. L'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, créée le 1er juillet 2010 par la fusion de deux agences sanitaires françaises, l'AFSSA: Agence française de sécurité sanitaire des aliments, et l'AFSSET: Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) a édité un dossier complet sur les compléments alimentaires courants et leur intérêt : peu de compléments y sont reconnus comme efficaces...:
Source: ANSES
08-06-2012

lundi 4 juin 2012

Lait, facteurs de croissance et cancer: pas de panique

Les facteurs de croissance (Société Française du Cancer) contenus naturellement dans le lait et les produits laitiers pourraient être cancérigènes selon certains ouvrages ou parutions internet; cette inquiétude s'est trouvée renforcée du fait que certains traitements récents contre le cancer utilisent des "anti-facteurs de croissance". Attention, il s'agit d'une interprétation abusive de données scientifiques qui prises isolément, ne peuvent donner lieu à aucune conclusion et la situation est nettement plus complexe qu'il n'y parait. D'abord, il ne faut d'emblée pas créer de confusion entre facteurs de croissance et somatotropine (ou "hormone de croissance"), on se souviendra effectivement des cas relativement récents de contamination de cette somatotropine par le prion, responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. On ne parle pas ici de la même famille de substances.

Cette présence de facteurs de croissance potentiellement "cancérigènes" dans les produits laitiers a mené certaines associations à demander une étude et un avis à l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) et ce plus particulièrement sur "IGF-1" (Insulin-like growth factors ou facteurs de croissance insulinomimétiques).

Le groupe de travail vient de remettre récemment ses conclusions (Avril 2012") :

Concernant les liens entre concentration sanguine d'IGF-1 et risque de cancer, des associations positives ont été observées pour certains cancers (cancer du sein, cancer colorectal, cancer de la prostate). S'il existe une plausibilité biologique sous-jacente à ces observations, IGF-1 favorisant la prolifération cellulaire, ce facteur ne peut toutefois pas être incriminé de façon isolée dans la survenue des cancers, dont l’origine est multifactorielle et dépend de nombreux autres facteurs. En outre, les conséquences sur l'organisme de concentrations sanguines élevées d’IGF-1 devraient être interprétées en prenant en compte l’ensemble de leurs effets sur la santé, notamment leurs effets bénéfiques ou délétères potentiels sur le risque d’autres maladies que le cancer (comme l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires...). Enfin, le lait et les produits laitiers contiennent un grand nombre de substances différentes ayant de multiples effets sur l'organisme, dont certains se potentialisent ou s'équilibrent entre eux. Si ce rapport a concerné les relations complexes entre les facteurs de croissance, la consommation de lait et de produits laitiers et le risque de cancer, il apparaît que l'influence des facteurs alimentaires et nutritionnels sur le risque de cancer par l'intermédiaire d’une modulation de la synthèse endogène des facteurs de croissance est un vaste sujet de recherche pertinent et d’actualité, qui doit être étendu à d'autres facteurs alimentaires dont la consommation pourrait être associée au risque de cancer, et pouvant impliquer d’autres mécanismes.

Il semble donc exister peu de risques sur ces facteurs de croissance que contient le lait, celui-ci subissant d'une part de nombreuses transformations avant sa commercialisation (UHT...), réduisant le taux d'IGF-1, facteur également partiellement éliminé lors des phases de digestion et se retrouvant en très faible quantité parmi les IGF-1 naturels circulant dans le sang.

mardi 29 mai 2012

Le café est-il mauvais pour la santé?

Le café est-il mauvais pour la santé?...Une question ayant déjà fait l'objet de plusieurs études contradictoires. Sa consommation excessive serait effectivement corrélée à une augmentation du taux du LDL-cholestérol (le "mauvais" cholestérol) et à une élévation transitoire de la tension artérielle. Une étude à très vaste échelle parue récemment dans BMJ fait pourtant état d'un effet bénéfique à long terme sur le taux de mortalité toutes causes confondues. Cette étude a porté sur 229119 hommes et 173141 femmes; les patients étaient âgés de 50 à 71 ans et initialement exclus de pathologies cancéreuses ou vasculaires. Pendant les 13 années de l'étude (1995-2008) 33731 hommes et 18784 femmes sont décédés. En utilisant des modèles statistiques uniquement liés avec l'âge, le risque de décès semblait plus élevé chez les buveurs de café, néanmoins après ajustement sur le statut tabagique (tabac et café sont assez fréquemment associés) et autres facteurs confondants, des résultats inverses sont apparus : le café semblait avoir un effet protecteur. Les hommes buvant 6 tasses de café ou plus par jour ont vu leur taux de mortalité abaissé de 10% (risque relatif 0,90) et de 15% chez les femmes (risque relatif 0,85) Les auteurs n'ont pas retrouvé de corrélation significative entre consommation de café et mortalité par cancer chez les femmes L'étude a ses limites dont conviennent leurs auteurs (entre autres, la consommation de café n'a été évaluée qu' à l'entrée de l'étude et son évolution au cours des 13 années n'a pas été prise en compte). Le café ne serait donc pas si mauvais pour la santé. En revanche on peut retenir que le facteur confondant essentiel, le tabac, est lui bien à l'origine de l'augmentation du nombre de décès...
Source : British Medical Journal
29-05-2012

vendredi 20 avril 2012

Des céréales prometteuses

Bien que les essais cliniques ne soient pas tous concordants, dans l’état actuel des connaissances, la consommation de grains entiers (céréales complètes) peut être recommandée pour aider au contrôle du poids, mais aussi pour diminuer le risque de développer un diabète de type 2, une maladie cardiovasculaire ou un cancer. Un article paru dans Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases tente de faire le point. Toutes les études prospectives épidémiologiques montrent qu'un apport plus élevé de grains entiers est associée à un IMC (indice de masse corporelle) inférieur. Toutefois, les résultats n'indiquent pas clairement si la consommation de grains entiers est simplement un marqueur d'un mode de vie sain ou un facteur favorisant "en soi" pour le gain de poids corporel. La consommation régulière de céréales complètes pourrait limiter la prise de poids en raison d’un indice glycémique plus faible, par l'envoi de signaux de satiété liés à la fermentation des glucides non digestibles ou par modulation de la flore intestinale. Des études interventionnelles correctement conçues seraient certainement nécessaires pour approfondir cette question. Il est important toutefois de ne pas oublier que les fibres, si bénéfiques pour le transit, sont contenues dans l’écorce des grains et sont donc absentes dans les farines blanches, dites « raffinées »...
Metabolism and Cardiovascular Diseases
21-04-2012

Arsenic pour nourrissons!

Des taux anormaux d'arsenic ont été détectés par des chercheurs américains dans des laits maternisés et des barres de céréales énergisantes, sucrés avec du sirop de riz brun biologique. Ce sirop est utilisé par de nombreux fabricants comme édulcorant de synthèse, jugé jusqu'alors plus bénéfique pour la santé que le sucre sous toutes ses formes. L'arsenic est très répandu dans l'environnement, à la fois de sources naturelles et par le biais de la contamination des activités industrielles, y compris l'utilisation de pesticides actuellement interdits. L'analyse menée par l'équipe de Brian Jackson du collège de Hanover (New Hampshire aux USA) , de trois sirops de riz brun disponibles dans le commerce, y compris deux lots différents d'une marque, a révélé des concentrations d'arsenic total allant de 80 à 400 nanogrammes par gramme, avec une proportion d'arsenic inorganique entre 80 % et 90 % du total pour deux des trois sirops (le plus toxique). 17 produits laitiers pour bébé ont également été étudiés, 15 sans adjonction de sirop de riz brun, 2 avec adjonction. Dans les 15 formules sans adjonction, le taux d'arsenic se situait entre 2 et 12 ng/g, par contre dans les deux préparations contenant le sirop, les concentrations étaient plus de 20 fois supérieures à la normale... La législation aux USA fixe le taux maximum admissible de l'arsenic dans l'eau mais pas dans les aliments. Même si ,à juste titre, on privilégie les aliments biologiques, certains composés "naturels" sont certainement aussi indésirables que des produits de synthèse. Il faut donc rester vigilant...
Source: Environmental Health Perspectives
23-04-2012

La friture pas si néfaste pour la santé

La friture est une méthode culinaire généralement considérée comme néfaste pour la santé. Un aliment plongé dans l'huile perd en effet de sa teneur en eau et gagne en graisses, augmentant sa concentration énergétique. L'huile utilisée perd en outre rapidement ses qualités par hydrogénation ou oxygénation, tout particulièrement lorsqu'elle est réutilisée. La friture est-elle donc néfaste pour la santé? Une vaste étude de cohorte prospective réalisée en Espagne (la friture y est une habitude culinaire courante) et publiée dans le British Medical Journal tend à prouver le contraire! Une étude de cohorte est une étude d'observation, le plus souvent prospective, c'est à dire dont le protocole est défini à l'avance, dans laquelle un groupe de sujets exposés à des facteurs de risque d'une maladie ou d'un traitement particulier est suivi pendant une période déterminée et comparé à un groupe contrôle non exposé. Elle peut être rétrospective quand elle est réalisée sur base des dossiers médicaux, par exemple, pour évaluer les risques auxquels les sujets ont été exposés antérieurement (a postériori). Dans l'étude publiée, 40 757 adultes âgés de 26 à 69 ans et n'ayant pas de maladie coronarienne en début d’étude (1992-1996) ont été suivis jusqu'en 2004, 606 évènements coronariens sont survenus et 1 135 décès d’autres causes ont été enregistrés. Aucune différence significative de risque n'a été relevée dans la population consommant des aliments frits et ce quelque soit l’huile utilisée (olive ou tournesol). ces résultats confirment que la nutrition, ce n'est pas une affaire de régimes, mais bien d'un mode de vie considéré dans son ensemble.
Source: British Medical Journal
20-04-2012

vendredi 30 mars 2012

Mâchez, c'est gagné!

Mastiquer est bon pour la santé, enfin, si on parle de nourriture. En effet, si on sait que bien mâcher ses aliments avant de les ingérer est un facteur favorisant la perte de poids, une équipe chinoise vient de le démontrer scientifiquement. En effet, les obèses, s'ils ingèrent la même quantité de nourriture que les gens maigres à chaque bouchée, mâchent en revanche beaucoup moins. Les scientifiques chinois ont montré qu'entre 15 mastications et 40 mastications, il y avait une nette différence sur plusieurs points. Ceux qui mâchent le plus ont une quantité d'énergie ingérée moins importante et une baisse du taux sanguin de ghreline (hormone qui stimule l'appétit). Prendre son temps pour manger est donc un conseil utile si on veut perdre du poids!
Source: American Journal of Clinical Nutrition
30-03-2012

mercredi 28 mars 2012

Boissons sucrées: direct au coeur

Plusieurs études ont montré que la consommation de boissons sucrées est associée à la prise de poids et à l'incidence du diabète de type 2, et donc indirectement aux complications cardiovasculaires. Cependant dans une analyse (Nurses Health Study), la consommation de boissons sucrées restait associée aux évènements coronaires (angine de poitrine, infarctus) même après ajustement pour ces facteurs. Cette consommation pourrait-elle être isolément responsable d'une augmentation de l'incidence des évènements cardiovasculaires? existe-il une différence de risque entre boissons sucrées et boissons avec édulcorants? Pour tenter de répondre à cette question, une vaste étude de cohorte prospective, la "Health Professionnals Follow-up Study" a été menée aux États-Unis. L'analyse des effets des boissons sucrées a été menée chez 42 883 participants, tous professionnels de santé et exclusivement des hommes, durant 22 ans, après exclusion des sujets présentant des antécédents de diabète, de maladie cardiovasculaire ou de cancer lors du recrutement. Des dosages sanguins ont été effectués, portant sur les biomarqueurs du risque cardiovasculaire (cholestérol, triglycérides, LDL, HDL...) ainsi qu'au niveau de certaines cytokines pro-inflammatoires (de nombreuses cytokines sont retrouvées au sein des foyers inflammatoires, deux d'entre elles, "l'interleukine-1" (IL-1) et le "tumor necrosis factor" (TNF), jouent un rôle majeur dans l'orchestration de l'inflammation). Un questionnaire sur les habitudes alimentaires était adressé aux participants tous les quatre ans: apports quotidiens de boissons à sucres ajoutés (sodas, limonades, jus de fruits...), apport en boissons sucrées par édulcorants ("basse calorie"). Après divers ajustements, l'augmentation du risque pour une consommation moyenne d'une boisson sucrée par jour s'est révélé de 20%, et seulement de 5% (en moyenne) pour une consommation d'une boisson édulcorée par jour. La consommation des boissons sucrées est associée à la prise de poids, à l'indice de masse corporelle et au diabète. Mais après ajustement pour ces facteurs traditionnels, l'association demeure donc bien, elle ne semble cependant pas exister pour les boissons avec édulcorants. Selon les auteurs, ces résultats sont en faveur des recommandations visant une réduction la consommation de boissons sucrées pour prévenir les maladies cardiovasculaires. Néanmoins les auteurs se gardent de recommander les boissons édulcorées en substitution.
Source: American Heart Association
28-03-2012

mardi 6 mars 2012

Les produits laitiers, bon ou mauvais?

De nombreuses publications sont déjà parues sur les bienfaits ou les méfaits des produits laitiers (laitages, fromages et beurre)... Riches en acides gras saturés, ils sont souvent considérés comme susceptibles d'augmenter le risque d'accidents cardiovasculaires mais est-on certain? -Une étude publiée dans American Journal Of Clinical Nutrition n'a trouvé aucune corrélation réellement significative entre la consommation plus ou moins grande de produits laitiers, qu'ils soient riches ou pauvres en lipides, et la mortalité totale ou d'origine cardiovasculaire (bien que le risque se soit révélé très légèrement supérieur chez la femme pour une cause restant à déterminer). Une étude française récente (étude DESIR) poursuivie pendant 9 ans et publiée dans Journal of the American College of Nutrition, montre que la consommation de produits laitiers, en dehors du fromage, et l'apport de calcium dans l'alimentation diminuent l'incidence du syndrome métabolique (embonpoint, élévation des triglycérides, HTA, élévation de la glycémie) et du diabète de type 2. La consommation de fromage diminue également l'incidence du syndrome métabolique mais pas celle des troubles glycémiques. La consommation de produits laitiers et de fromage est aussi corrélée à une diminution de la pression artérielle et des triglycérides. Sont alors apparus les produits laitiers "maigres" (type lait écrémé) Ils ont été considérés comme pouvant diminuer l'incidence du diabète de type 2 :(Archives of Internal Medecine)...mais pourraient peut-être augmenter légèrement (de 12%) le risque du cancer de la prostate (Cancer Epidemiol Biomarkers Prev). Difficile pour le consommateur de s'y retrouver et de ne pas commettre d'erreurs!...
06-03-2012

jeudi 9 février 2012

Des céréales, oui...mais complètes

Selon les études épidémiologiques (l'épidémiologie est l'étude des maladies et des facteurs de santé dans une population humaine), une alimentation qui privilégie les céréales complètes plutôt que les céréales raffinées est bénéfique pour la santé et diminue la probabilité de prise de poids, bien que des études scientifiques expérimentales ne donnent pas forcément les mêmes résultats. Les raisons de cette différence de résultats tient selon des chercheurs italiens, à des différences de méthodologie (organisation de l'étude). Il reste toutefois probable que la consommation régulière de céréales complètes puisse contrôler le poids à cause de la densité énergétique et de l'indice glycémique plus faibles des produits complets. Par ailleurs, la fermentation des glucides non digestibles enverrait des signaux de satiété (disparition de la sensation de faim), et les produits complets moduleraient la microflore intestinale. La consommation de céréales complètes peut donc être en l'état actuel recommandée pour participer à la régulation du poids, mais aussi pour diminuer le risque de diabète de type 2 (lié à l'obésité), de maladies cardiovasculaires et de cancer.
Source: Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases
09-02-2012

vendredi 3 février 2012

Poissons d'eau douce : avec modération

Interdits depuis plus de 20 ans en France et dans de nombreux pays, les PCB sont des substances chimiques persistantes dans l'environnement largement répandues à la surface du globe. Au niveau européen comme international, des dispositions ont été prises pour réduire l'exposition de la population aux PCB et notamment la fixation en 2006 des teneurs maximales européennes à ne pas dépasser dans les denrées. En France, comme dans plusieurs pays européens, des dépassements de ces teneurs dans les poissons d'eau douce ont été observés dans plusieurs cours d'eau. Depuis 2006, des restrictions de pêche et des recommandations de non consommation des espèces de poissons les plus accumulatrices de PCB (anguilles, poissons gras, espèces dites fortement bio-accumulatrices) ont ainsi été prises localement, sur la base de la réglementation en vigueur. Au niveau national, il est recommandé de limiter la consommation des espèces fortement bio-accumulatrices (anguille, barbeau, brème, carpe, silure), en particulier pour les femmes en âge de procréer auxquelles il est préconisé de l'éviter. En effet, les principaux effets critiques mis en évidence sont des effets sur le développement mental et moteur chez le jeune enfant exposé pendant la grossesse ou l'allaitement. Les dernières études faites sur l'intoxication en PCB des consommateurs de poissons de rivière permettent à l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) de préciser ses recommandations pour limiter les consommations de poissons d'eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) :
- à 1 fois tous les 2 mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de 3 ans, les fillettes et les adolescentes.
- à 2 fois par mois pour le reste de la population.
Source: ANSES
03-02-2012

lundi 16 janvier 2012

Aspartame : une polémique de longue date

L'aspartame, édulcorant de synthèse, est utilisé dans un grand nombre de produits et autorisé dans de nombreux pays. Son pouvoir sucrant est environ 200 fois supérieur à celui du saccharose. La controverse autour de l'aspartame dure depuis de très nombreuses années. Dès 1977, la FDA (Food and Drug Administration), refuse au groupe Searle d'agrémenter une molécule : l'aspartame ; elle demande même une procédure pénale après avoir découvert de nombreuses erreurs dans les tests de toxicité présenté par la Searle. Mais après la nomination de Donald Rumsfeld à la présidence du groupe Searle, la situation se débloque. Le procureur chargé de l'enquête pénale démissionne de ses fonctions et rejoint le cabinet d'avocats de Searle. Ronald Reagan nomme à la tête de la FDA, Arthur Hull Hayes, ancien chercheur pour le Pentagone, qui autorise la mise sur le marché de l'aspartame, contre l'avis du comité scientifique. La commercialisation de ce produit aurait permis à la société Searle d'engranger, sous la direction de Rumsfeld, de substantiels bénéfices. (Chicago Tribune) De nombreuses études ont été publiées depuis, dont deux plus essentielles: En 2005, des chercheurs de la Fondation européenne Ramazzini, à Bologne (Italie), présentent à la presse une étude menée sur des rats semblant montrer un effet cancérigène sur le cerveau. Fin 2010, la polémique est relancée par deux études. La première porte sur près de 60 000 femmes enceintes et conclut à un risque plus élevé de naissances avant terme pour les femmes qui consomment des boissons gazeuses aux édulcorants artificiels, la seconde toujours menée par l’Institut Ramazzini conclut que l’exposition à de hautes doses d’aspartame chez les souris induit des tumeurs au foie et au poumon chez les mâles uniquement. La validité de ces études est cependant mise en doute dans un rapport de l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) : rapport ANSES Février 2011. Plus récemment en 2011,à la question posée par le Réseau Environnement Santé (RES) à l'EFSA (European Food Security Authority), il est répondu: "L'EFSA ne dispose pas du dossier de demande d'autorisation de l'aspartame qui devait contenir ces études. Par ailleurs, les contacts que nous avons eus avec nos collègues de la Commission européenne semblent indiquer que la Commission ne dispose plus de ce dossier". Des études complémentaires ont été mises en place par l'EFSA dont les conclusions devraient être rendues en 2012 Une lettre ouverte a également été remise le 15 Novembre au ministre de la santé par le RES : Lettre ouverte, accompagnée d'une note sur la relation entre boissons gazeuses "light" et prématurité : RES
16-01-2012

mardi 3 janvier 2012

Régime pour cerveau en forme

Un régime riche en vitamines et en "bonnes" graisses permettrait aux personnes âgées de garder un cerveau "en forme". Inversement, un régime trop riche en acides gras trans diminuerait les fonctions cognitives et la taille globale du cerveau. Ces conclusions sont le résultat d'une étude d'observation de chercheurs de l'Université de Portland aux États-Unis sur 104 personnes âgées en moyenne de 87 ans. Les vitamines en question dont les taux sanguins sont associés à de bonnes performances cognitives sont les vitamines B (B1, B2, B6, folates, B12), C, D, E. Les "bons lipides" mesurés également dans le sang sont sans surprise les oméga 3. Inversement, les acides gras trans étaient associés à de mauvaises performances cognitives et à une diminution du volume cérébral mesuré en IRM. Ces résultats peu étonnants nécessitent toutefois d'être confirmés par des évaluations faites à partir non plus seulement de dosages sanguins mais associées au régime alimentaire, ce qui est plus complexe en raison des nombreux mélanges et interactions possibles entre les différents aliments et nutriments. S'ils devaient se confirmer, on pourrait ainsi proposer comme c'est le cas pour l'hypertension artérielle, un régime spécial "cerveau".
Source : Neurology
03-01-2012

lundi 2 janvier 2012

Cholestérol : fromage...ou beurre?

Le fromage à pâte dure ne semble pas augmenter le cholestérol total et le LDL-cholestérol (le "mauvais" cholestérol) en comparaison avec un apport équivalent de beurre, bien que ces deux aliments soient riches en acides gras saturés (acides myristique et palmitique en particulier. C'est la conclusion d'une étude parue dans American Journal of Clinical Nutrition et réalisée en cross over ( étude expérimentale dans laquelle on administre à un même groupe de patients 2 ou plusieurs traitements expérimentaux l'un après l'autre dans un ordre déterminé ou au hasard). L'effet du beurre et du fromage sur les lipides plasmatiques a été comparé chez des sujets en bonne santé, soumis à trois régimes : régime habituel, riche en beurre et riche en fromage. Les quantités de beurre et de fromage étaient calculés de manière à égaliser dans les deux groupes les apports en graisses totales, en graisses saturées et insaturées. Par rapport à la consommation de beurre, la consommation de fromage était associée à une réduction de 5,7 % et de 6,9 % respectivement du cholestérol total et du LDL-C, mais aussi à une diminution significative du HDL-C. L'excrétion fécale des graisses n'était pas significativement différente entre les différents groupes Le fromage serait donc moins hypercholestérolémiant que le beurre, peut-être en partie par sa teneur plus riche en calcium (excrétion plus élevée de matières grasses fécale). Cette étude a des limites (nombre peu élevé de patients, manque d'information sur le statut initial des patients quant à leur taux de cholestérol). Sans oublier les recommandations habituelles, une consommation modérée même journalière, ne serait peut-être pas si néfaste...
Source : American Journal of Clinical Nutrition
02-01-2012