vendredi 20 avril 2012

Des céréales prometteuses

Bien que les essais cliniques ne soient pas tous concordants, dans l’état actuel des connaissances, la consommation de grains entiers (céréales complètes) peut être recommandée pour aider au contrôle du poids, mais aussi pour diminuer le risque de développer un diabète de type 2, une maladie cardiovasculaire ou un cancer. Un article paru dans Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases tente de faire le point. Toutes les études prospectives épidémiologiques montrent qu'un apport plus élevé de grains entiers est associée à un IMC (indice de masse corporelle) inférieur. Toutefois, les résultats n'indiquent pas clairement si la consommation de grains entiers est simplement un marqueur d'un mode de vie sain ou un facteur favorisant "en soi" pour le gain de poids corporel. La consommation régulière de céréales complètes pourrait limiter la prise de poids en raison d’un indice glycémique plus faible, par l'envoi de signaux de satiété liés à la fermentation des glucides non digestibles ou par modulation de la flore intestinale. Des études interventionnelles correctement conçues seraient certainement nécessaires pour approfondir cette question. Il est important toutefois de ne pas oublier que les fibres, si bénéfiques pour le transit, sont contenues dans l’écorce des grains et sont donc absentes dans les farines blanches, dites « raffinées »...
Metabolism and Cardiovascular Diseases
21-04-2012

Arsenic pour nourrissons!

Des taux anormaux d'arsenic ont été détectés par des chercheurs américains dans des laits maternisés et des barres de céréales énergisantes, sucrés avec du sirop de riz brun biologique. Ce sirop est utilisé par de nombreux fabricants comme édulcorant de synthèse, jugé jusqu'alors plus bénéfique pour la santé que le sucre sous toutes ses formes. L'arsenic est très répandu dans l'environnement, à la fois de sources naturelles et par le biais de la contamination des activités industrielles, y compris l'utilisation de pesticides actuellement interdits. L'analyse menée par l'équipe de Brian Jackson du collège de Hanover (New Hampshire aux USA) , de trois sirops de riz brun disponibles dans le commerce, y compris deux lots différents d'une marque, a révélé des concentrations d'arsenic total allant de 80 à 400 nanogrammes par gramme, avec une proportion d'arsenic inorganique entre 80 % et 90 % du total pour deux des trois sirops (le plus toxique). 17 produits laitiers pour bébé ont également été étudiés, 15 sans adjonction de sirop de riz brun, 2 avec adjonction. Dans les 15 formules sans adjonction, le taux d'arsenic se situait entre 2 et 12 ng/g, par contre dans les deux préparations contenant le sirop, les concentrations étaient plus de 20 fois supérieures à la normale... La législation aux USA fixe le taux maximum admissible de l'arsenic dans l'eau mais pas dans les aliments. Même si ,à juste titre, on privilégie les aliments biologiques, certains composés "naturels" sont certainement aussi indésirables que des produits de synthèse. Il faut donc rester vigilant...
Source: Environmental Health Perspectives
23-04-2012

La friture pas si néfaste pour la santé

La friture est une méthode culinaire généralement considérée comme néfaste pour la santé. Un aliment plongé dans l'huile perd en effet de sa teneur en eau et gagne en graisses, augmentant sa concentration énergétique. L'huile utilisée perd en outre rapidement ses qualités par hydrogénation ou oxygénation, tout particulièrement lorsqu'elle est réutilisée. La friture est-elle donc néfaste pour la santé? Une vaste étude de cohorte prospective réalisée en Espagne (la friture y est une habitude culinaire courante) et publiée dans le British Medical Journal tend à prouver le contraire! Une étude de cohorte est une étude d'observation, le plus souvent prospective, c'est à dire dont le protocole est défini à l'avance, dans laquelle un groupe de sujets exposés à des facteurs de risque d'une maladie ou d'un traitement particulier est suivi pendant une période déterminée et comparé à un groupe contrôle non exposé. Elle peut être rétrospective quand elle est réalisée sur base des dossiers médicaux, par exemple, pour évaluer les risques auxquels les sujets ont été exposés antérieurement (a postériori). Dans l'étude publiée, 40 757 adultes âgés de 26 à 69 ans et n'ayant pas de maladie coronarienne en début d’étude (1992-1996) ont été suivis jusqu'en 2004, 606 évènements coronariens sont survenus et 1 135 décès d’autres causes ont été enregistrés. Aucune différence significative de risque n'a été relevée dans la population consommant des aliments frits et ce quelque soit l’huile utilisée (olive ou tournesol). ces résultats confirment que la nutrition, ce n'est pas une affaire de régimes, mais bien d'un mode de vie considéré dans son ensemble.
Source: British Medical Journal
20-04-2012