jeudi 27 mars 2014

Deux repas ou plus?

Une idée assez courante voudrait que faire plusieurs "petits" repas fractionnés dans la journée, permettrait de dépenser plus d'énergie qu'avec les classiques "deux à trois repas par jour". Cette pratique est notamment conseillée aux personnes diabétiques.
Il s'avère que manger ainsi est plutôt néfaste pour la santé. En effet, selon une étude présentée lors du dernier congrès de la Société Britannique d'Endocrinologie à Liverpool, non seulement, les repas fractionnés (cinq par jour dans l'étude) ne changent rien à la dépense énergétique, par rapport à deux repas par jour, mais ils provoqueraient une augmentation de la production de toxines digestives, responsables de l'état inflammatoire global, lui-même responsable de diabète ou de maladies vasculaires.
Conclusion: restons "classiques".
Society for Endocrinology / Diabetes Care
27/03/2014

mercredi 19 mars 2014

Attention à la levure de riz rouge

La "levure de riz rouge" est une moisissure de couleur rouge cultivée sur du riz et utilisée dans de nombreux compléments alimentaires revendiquant le "maintien d’un taux de cholestérol dans le sang à un niveau normal". Cette moisissure contient la même substance que dans les médicaments appelés "statines", utilisés pour lutter contre le cholesterol. Ces médicaments sont connus entre-autres sous les marques Crestor, Elisor, Tahor, Zocor. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) a reçu 25 signalements d'effets indésirables (majoritairement des atteintes des muscles et du foie, comme pour les statines) susceptibles d'être liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la "levure de riz rouge".
Dans les conditions actuelles, l'Anses considère que l’usage de compléments alimentaires à base de levure de riz rouge peut exposer les consommateurs, notamment ceux particulièrement sensibles du fait de prédispositions génétiques, de pathologies ou de traitements en cours...à des risques pour la santé. L'Agence recommande de prendre conseil auprès d'un professionnel de santé avant de consommer ces produits. Elle précise que ceux-ci ne doivent pas être utilisés par les patients traités avec des médicaments à base de statines ni ceux ayant dû interrompre ces traitements suite à l’apparition d’effets indésirables (patients dits "intolérants aux statines"). Ils ne doivent pas non plus être consommés par les personnes sensibles (femmes enceintes et allaitantes, enfants et adolescents, sujets de plus de 70 ans ou atteints de certaines pathologies, forts consommateurs de pamplemousse...).
ANSES
19/03/2014

mardi 18 mars 2014

Obésité infantile: mauvaises habitudes

Aux Etats-Unis, depuis 30 ans, l'obésité infantile a doublé et l'obésité des adolescents a été multipliée par quatre. Une enquête récente vient de montrer que les mauvaises habitudes d'alimentation des bébés ont la vie dure. Sur 900 parents interrogés avec des bébés de 2 mois, une grande majorité avait de mauvaises habitudes: peu d'allaitement maternel exclusif, des bébés obligés de finir leur biberon, un biberon chaque fois que le bébé pleure, et un bébé alimenté devant la télé. Le croiriez-vous, mais les bébés de deux mois passent en moyenne près de 30 mn par jour devant la télévision, alors que les pédiatres américains recommandent qu'un enfant ne regarde pas la télévision avant l'âge de deux ans. Globalement, les habitudes décrites comme favorisant l'obésité de l'enfant et de l'adolescent ont un point commun : elles ne permettent pas à l'enfant de comprendre les signaux de faim et de satiété.
Pediatrics
18/03/2014

vendredi 14 mars 2014

OMS: moins de sucre SVP!

L'Organisation Mondiale de la Santé souhaite modifier ses recommandations en matière de consommation de sucre.
La recommandation actuelle de l'OMS, émise en 2002, est que les sucres doivent représenter moins de 10% de l'apport énergétique total quotidien. Le nouveau projet propose également que les apports en sucres soient inférieurs à 10% de l'apport calorique journalier, mais il suggère en outre qu'une réduction de ce pourcentage à moins de 5% par jour apporterait des bénéfices supplémentaires. Cinq pour cent de l'apport énergétique total représentent approximativement 25 grammes (environ 6 cuillères à thé) de sucre par jour pour un adulte doté d'un indice de masse corporelle (IMC) normal. Les limites s'appliquent aux monosaccharides (tels que le glucose et le fructose) et aux disaccharides (tels que le sucrose ou sucre de table) qui sont ajoutés aux aliments par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur, ainsi qu'aux sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruit et les concentrés de fruits.
Une grande part des sucres consommés aujourd’hui sont «cachés» dans des aliments transformés qui ne sont habituellement pas considérés comme des sucreries. Par exemple, 1 cuillère à soupe de ketchup contient environ 4 grammes (environ 1 cuiller à thé) de sucres. Une seule canette de soda sucré contient jusqu’à 40 grammes (environ 10 cuillères à thé) de sucre.
Source: OMS
15/03/2014

mercredi 12 mars 2014

Grossesse: manger sain est important

Bien manger est important en cours de grossesse. C'est ce que vient de montrer une étude Danoise portant sur 66000 femmes enceintes de 2002 à 2008. Celles qui avaient un régime sain, à base de fruits, légumes et céréales complètes, avaient un risque de naissance avant terme diminué de 22% par rapport aux femmes qui avaient un régime "occidental" à base de produits industriels, salés et sucrés, et de pain blanc. Entre les deux, un régime alimentaire intermédiaire avait également un impact positif. Tout effort diététique pendant la grossesse est donc récompensé.
British Medical Journal
12/03/2014

vendredi 7 mars 2014

Coeur et oméga3: une affaire de rythme

Les personnes qui ont des niveaux d'oméga-3 supérieur à la moyenne dans le sang sont à peu près 30 pour cent moins susceptibles que ceux ayant les plus faibles niveaux de développer une fibrillation auriculaire, selon une étude de la Harvard School of Public Health. La fibrillation auriculaire est un trouble du rythme cardiaque très fréquent, notamment chez le sujet de plus de 60 ans. Il s'agit de la contraction anarchique des oreillettes cardiaques, qui entraîne une contraction rapide et irrégulière des ventricules situés juste en dessous. Elle se manifeste dans la moitié des cas par des crises de palpitations qui sont ressenties, et une impression d’angoisse et d'oppression. Le risque est double: à la fois une mauvaise efficacité du coeur comme pompe (insuffisance cardiaque), et la possibilité de formation de caillots sanguins qui peuvent ensuite se déplacer et boucher des artères provoquant par exemple un accident vasculaire cérébral si c'est une artère du cerveau qui est ainsi bouchée. Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont suivi 3300 personnes âgées de plus de 65 ans pendant plus de 14 ans. Il y a donc un bénéfice probable à manger des omega-3, pour prévenir la fibrillation auriculaire. Rappelons que les oméga 3 se trouvent notamment dans les poissons gras vivant en eaux froides (principalement le saumon, le hareng, le maquereau, le thon, les anchois et les sardines), l'huile de lin, l'huile de colza, les noix, les légumes verts à feuilles ((mâche, chou, laitue, …) et dans des compléments alimentaires vendus dans le commerce.
Source: Circulation
07-03-2014

mercredi 5 mars 2014

Pas trop de protéines!

Atkins, paleo, Dukan...on lit à longueur de web les bienfaits des régimes riches en protéines, mais attention, il ne faut pas abuser des protéines animales. En effet, celles-ci pourraient à haute dose être aussi néfastes que la cigarette chez les personnes d'âge moyen (50-65 ans). Des chercheurs californien viennent de montrer qu'un régime riche en protéine pouvait à ces âges, multiplier par deux à quatre fois le risque de mourir d'un cancer. Une proportion de plus de 20% de calories venues des protéines qu'elles soient végétales ou animales, était considéré comme un régime riche en protéines.
Inversement, s'il faut être modéré sur les protéines, il ne faut pas non plus s'en priver, sous peine de dénutrition, et cela est particulièrement vrai pour les seniors, qui ont en général besoin de protéines pour entretenir leurs muscles.
University of Southern California
05/03/2014

mardi 4 mars 2014

Les probiotiques: oui ou non?

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants (bactéries ou levures) qui, "lorsqu'ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé, au-delà des effets nutritionnels traditionnels" (définition de l'OMS, octobre 2001: OMS). Ils sont ajoutés comme compléments à certains produits alimentaires, comme les céréales ou les yaourts ("Activia", "Actimel"...), ou vendus comme traitement d'appoint ("Ultralevure", "Lactéol"...). Ces bactéries ou levures sont censés aider à la digestion des fibres, à stimuler le système immunitaire et prévenir ou traiter la diarrhée. "Lactéol" et "Ultralevure" ont fait l'objet d'avis mitigés par la HAS (Haute Autorité de Santé): "insuffisant dans son indication" pour l'Ultralevure (HAS : Ultralevure), "pouvant présenter un intérêt à démontrer" pour le Lactéol (HAS : Lactéol). Le niveau de preuve d'efficacité des produits "Activia" et "Actimel" a également été jugé comme insatisfaisant par l'Agence Européenne de sécurité alimentaire ce qui a obligé amené le fabriquant à modifier le caractère "scientifiquement prouvé" des bienfaits de ses produits: AFP. Des études plus récentes semblent cependant montrer leur intérêt dans nombre de pathologies intestinales d'origine infectieuse ou inflammatoire (ulcère, gastro-entérite...), mais les effets sont différents en fonction des souches sélectionnées et des espèces animales sur lesquelles elles sont étudiées; la microflore intestinale (appelée microbiote), est constituée de plus de 500 espèces différentes connues, la diversité d’espèces du microbiote intestinal dominant est spécifique de l’individu et le nombre d’espèces communes à plusieurs individus est très restreint (ou nul). Une étude parue récemment dans JAMA (méta-analyse de 63 essais portant sur 11811 participants) fait état d'une diminution du risque de diarrhée secondaire aux traitements antibiotiques de 42% par l'utilisation de probiotiques (la diarrhée est un effet fréquent des traitements antibiotiques estimé à 30% des cas). Il existe cependant une hétérogénéité entre toutes ces études et la composition exacte des probiotiques n'est pas apparue clairement. Selon les auteurs, la diarrhée ne survient pas dans la majorité des cas et déterminer les patients qui pourraient tirer bénéfice d'un traitement d'appoint probiotique reste un défi...Il reste vrai qu'il s'agit d'un traitement peu onéreux et dénué d'effets secondaires dans l'immense majorité des cas.
03/03/2014

lundi 3 mars 2014

La glycation, danger méconnu

La glycation, connue dans le monde médical sous le nom de "glycation non enzymatique des protéines", est très connue des cuisiniers sous le nom de réaction de Maillard. Il s'agit de la réunion de protéines et de sucres.
Les produits issus de la glycation appelés produits de Maillard ou PTG (produits terminaux de glycation) ou encore en anglais AGE (Advanced Glycation End Products), ont des effets de stress oxydatif et d'inflammation qui sont néfastes pour les artères.
C'est par exemple le cas du diabète, ou l'excès de sucre dans le sang provoque une glycation des protéines, ce qui est en partie responsable des complications vasculaires du diabète (rétrécissement des artères, lésion des reins, de la rétine...).
C'est également le cas de la cuisson des aliments, principalement ceux d'origine animale, notamment la cuisson "sèche" qui provoque un brunissement par exemple de la viande quand on la saisit dans une poêle pour augmenter sa saveur.
Outre les problèmes vasculaires, les produits de glycation pourraient probablement être un facteur favorisant de la maladie d’Alzheimer, selon une étude de l'Université d'oxford an Angleterre.
Afin d'éviter le plus possible ces produits de glycation, il est préférable de manger surtout des aliments d'origine végétale, de faire des cuissons rapides, plutôt en atmosphère humide, et à basse température.
Sources: PNAS / Journal of the American Dietetic Association / Critical Reviews in Food Science and Nutrition
03/03/2014