mercredi 27 juin 2012

Les fibres alimentaires en priorité

Les fibres alimentaires sont constituées de mélanges complexes de glucides (polysaccharides). Ces polysaccharides peuvent provenir de la paroi cellulaire des végétaux (cellulose, hémicellulose, pectine, lignine) ou du cytoplasme des cellules: gomme arabique (arbre) gomme de guar et de caroube (graine), alginate et carraghénanes (algues), inuline... Elles peuvent être solubles dans l'eau (pectines, mucilages) formant des gels visqueux au contact de l'eau, ou insolubles (cellulose, hémicelluloses, lignine..) Résistants à la digestion dans l'intestin, les fibres alimentaires n'ont pas de valeur nutritionnelle apparente...il a pourtant été suggéré de très nombreux effets bénéfiques : réduction du risque de maladie coronarienne, de certains cancers, réduction du taux de cholestérol, régulateur du transit, réducteur de la formation de calculs bilaires, régulateur tensionnel, ralentissement de l'absorption des glucides et amélioration de la sensibilité à l'insuline... Une étude à grande échelle menée pendant neuf années et parue dans les Archives of Internal Medicine montre que, chez des personnes âgées de 50 à 71 ans en début d'étude, l'alimentation la plus riche en fibres (essentiellement apportées par les céréales) réduit de 25 à 60 %, la mortalité globale, la mortalité de cause infectieuse ou respiratoire!... Pour rappel, quelques aliments parmi les plus riches en fibres : son de blé (47,5gr pour 100gr), haricots blancs (25,5 gr), pois chiche (15 gr), amende (14,3 gr), lentilles, flocons d'avoine, bananes, pain complet, céréales complètes... Sans oublier qu'une farine raffinée (farine blanche) est une farine obtenue à partir de grains sans écorce donc sans fibres...
Source: Archives of Internal Medicine
27-06-2012

samedi 23 juin 2012

Des boissons dites énergisantes...

Le terme " boissons énergisantes " n'est pas encadré réglementairement. Il regroupe des boissons censées "donner de l'énergie" et contenant généralement des ingrédients supposés " stimulants " (taurine, caféine, guarana, ginseng, vitamines…). Dès 2008, à la demande du Ministère de la Santé, un dispositif de surveillance des effets indésirables pouvant être liés aux boissons énergisantes avait été mis en place par l'Institut de veille sanitaire (INVS) : vingt-quatre cas avaient été rapportés. Pour treize d'entre eux, un lien de causalité possible ou probable avait pu être établi. Les effets rapportés étaient d'ordre cardiologique (tachycardie) et/ou neurologique (crises d'épilepsie, paresthésies, tremblements, vertiges) et/ou psychiatrique (angoisses, agitation, confusion). Par ailleurs trois cas d'accidents vasculaires cérébraux et deux cas d'arrêt cardiaque (dont un mortel) avaient été signalés pour lesquels le lien avec la consommation de boisson énergisante n'avait pu être clairement établi. L'Agence avait attiré l'attention sur le fait que certains modes de consommation courants de ces boissons (activité sportive, consommation en mélange avec de l'alcool) pourraient être associés à des risques cardio-vasculaires lors d'exercices physiques intenses et de perception amoindrie des effets liés à l'alcool. En 2009, l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) avait pris le relais : six nouveaux cas ont été signalés. Tous concernent des personnes de moins de 50 ans. Aucune preuve formelle de causalité n'a encore pu être mise en évidence. Le dispositif de "Nutrivigilance" a alors été mis en place et en 2010/2011, 192 effets indésirables ont déjà été signalés; un dispositif de télédéclaration accessible à tout le monde afin de signaler tout effet indésirable et permettre une étude plus approfondie : Nutrivigilance Aucune étude en revanche n'a démontré d'effet positif des boissons énergisantes dont on peut sans crainte se passer...
Sources: Nutrivigilance
22-06-2012

mercredi 20 juin 2012

Printemps et régimes amaigrissants...

Le printemps et l'arrivée de l'été (avec la plage...) sont habituellement synonymes de régimes amaigrissants dont les médias font largement la promotion. Même si surpoids et obésité constituent un véritable problème de santé publique, l'étude INCA2 (Étude Nationale des Comportements Alimentaires) menée entre 2005 et 2007 avait montré que plus de 30 % des femmes ayant un poids "normal" et 15 % des femmes "minces", avaient suivi un régime pendant l'enquête ou avaient suivi un régime l'année précédant l'enquête. Plus récemment l'étude NUTRINET a montré que près de deux femmes sur trois de poids normal font des régimes et que 27 % des hommes de poids normal disent souhaiter maigrir. "Aujourd’hui en France, la représentation sociale collective du corps érige la minceur voire la maigreur en modèle de beauté. Face à la demande, les pratiques d’amaigrissement se sont considérablement développées, le plus souvent sans suivi médical, et conduisant parfois à de graves excès. En effet, la quête de la minceur est susceptible d’entraîner des troubles du comportement alimentaire, notamment chez les personnes les plus vulnérables et les adolescents" L'ANSES rappelle "Certaines situations (obésité, surpoids, prise de poids importante) peuvent nécessiter de chercher à perdre du poids. Mais dans tous ces cas, un diagnostic précis des causes de la prise de poids est nécessaire. Cette démarche doit se faire avec l'accompagnement d'un professionnel de santé qui analysera le contexte de la prise de poids et ses conséquences. Seul cet accompagnement permettra de déterminer s'il est nécessaire ou non de perdre du poids et de définir les objectifs et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. Cette démarche doit viser une réduction adaptée et prudente du poids, planifiée précocement (afin de pouvoir agir sur les facteurs à l'origine) puis une stabilisation avec des moyens appropriés, tout en veillant à préserver l'état de santé physique et psychologique à moyen et long terme." Rien ne peut remplacer une alimentation équilibrée et diversifiée, le fait de se restreindre, parfois de manière drastique, pour perdre du poids n'est jamais anodin, et nombreux régimes ont des effets néfastes. Un rapport intéressant et très détaillé sur les différents régimes et leurs conséquences peut être consulté sur le site de l'ANSES
Sources: NUTRINET / ANSES
20-06-2012

vendredi 15 juin 2012

Aspartame : risqué ou non?

L'aspartame, édulcorant de synthèse, a été découvert en 1965 par un chimiste de la société Searle et une première autorisation de mise sur le marché (AMM) a été accordée aux États-Unis par la Food and Drug Administration ("FDA") en 1974. Cette AMM a été suspendue quelques mois plus tard, à la suite d'un appel contre cette autorisation motivé par la possibilité d'effets toxiques et cancérigènes sur le cerveau, du composé ou de ses métabolites. Après réévaluation des études sur animaux de laboratoire et examen de nouvelles données (dont une étude de cancérogenèse chez le rat), la FDA accordait de nouveau l'AMM à ce produit en 1981 dans les aliments solides. Cette autorisation était étendue aux boissons gazeuses en 1983 et comme édulcorant général en 1996. En France, l'aspartame a été autorisé à partir de 1988. La dose maximum journalière acceptable ("DMJ") de l'aspartame pour l’homme a néanmoins été fixée à 40 mg/kg de poids corporel/jour. L'aspartame continue cependant de diviser les scientifiques depuis son apparition: plus récemment le Réseau Environnement Santé a souhaité alerter les pouvoirs sur les risques potentiels d'accouchement prématuré chez des femmes enceintes consommant de l'aspartame : une étude danoise (Halldorsson) aurait démontré que boire quotidiennement une canette de soda "light" augmenterait les risques d'accouchement prématuré de 27 à 28%. L'ANSES a émis un nouvel avis sur ces allégations en date du 14/03/2011 et conclut : "cette nouvelle publication n'apporte pas de base scientifique suffisante pour justifier une révision de la DMJ". L'ANSES n'omet cependant pas de préciser dans ses conclusions "Comme mentionné par les auteurs, il conviendrait de conduire de nouvelles études pour infirmer ou confirmer leurs résultats". De quoi alimenter peut-être la polémique...
Sources: ANSES / American Journal of Clinical Nutrition / Un site également consultable sur l'aspartame : European Food Safety Authority15-06-2012

jeudi 14 juin 2012

Des régimes inutiles et risqués

La troisième Etude Individuelle nationale des consommations alimentaires (INCA) réalisée par l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES), qui consiste à recueillir les consommations alimentaires d'un échantillon d'habitants de France métropolitaine durant 7 jours, a montré que plus de 30 % des femmes ayant un poids "normal" et 15 % des femmes "minces", ont suivi un régime pendant l'enquête ou avaient suivi un régime l'année précédant l'enquête. Récemment l'étude Nutrinet avait montré que près de deux femmes sur trois de poids normal font des régimes et 27 % des hommes de poids normal disent souhaiter maigrir. Cette quête de la minceur et le foisonnement de régimes qu'il est possible de suivre seul, sans avis médical ont poussé les pouvoirs publics à saisir l'Agence pour qu'elle évalue les risques liés à ce type de pratiques. principale conclusion est que choisir de se restreindre, parfois de façon drastique, pour perdre du poids n'est pas un acte anodin. L'expertise menée le démontre scientifiquement. Ce travail met en évidence des effets néfastes, notamment pour les os, le cœur et les reins, ainsi que des perturbations psychologiques, notamment des troubles sévères du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, ….). De plus, quand on perd du poids, on perd aussi du muscle, or le muscle produit de la chaleur, en en produisant moins on stocke plus… L'analyse des données scientifiques établit également que la pratique des régimes peut provoquer des modifications profondes du métabolisme énergétique. Ces modifications sont souvent à l'origine du cercle vicieux d'une reprise de poids, éventuellement plus sévère, à plus ou moins long terme. Ce qu'on appelle couramment l'effet yo-yo. Ainsi, une des conséquences majeures et récurrentes des privations et exclusions pratiquées, quelque soit le régime, est, paradoxalement, la reprise de poids, voire le surpoids. Plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise de poids.
Source: ANSES
14-06-2012

vendredi 8 juin 2012

Compléments alimentaires: quelle utilité?

Le concept de complément alimentaire est relativement récent. On entend par compléments alimentaires les denrées alimentaires "dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés". Depuis quelques années, on constate une augmentation de la consommation de compléments alimentaires dans la population française et des aliments enrichis dans l'offre alimentaire. Les déficits et, à fortiori, les carences en nutriments sont très rares en population générale et concernent majoritairement des groupes particuliers de population (femmes enceintes, personnes âgées, populations en situation de grande précarité...). La supplémentation devrait, dans ces cas, être dûment éclairée par un avis médical. Pour la très grande majorité de la population, une alimentation équilibrée suffit à apporter tous les nutriments nécessaires à la santé. ll n'y a pas, pour l'essentiel de la population, de bénéfice démontré à consommer des compléments alimentaires alors même que l'on manque d'études qui permettraient, lors de prises régulières et prolongées, de montrer leur innocuité et que des signalements d'effets indésirables susceptibles d'être liés à leur consommation ont été rapportés. Dans le cas des compléments alimentaires contenant des vitamines et minéraux, il peut même exister un risque de dépassement des limites de sécurité en cas de consommation excessive. L'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, créée le 1er juillet 2010 par la fusion de deux agences sanitaires françaises, l'AFSSA: Agence française de sécurité sanitaire des aliments, et l'AFSSET: Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) a édité un dossier complet sur les compléments alimentaires courants et leur intérêt : peu de compléments y sont reconnus comme efficaces...:
Source: ANSES
08-06-2012

lundi 4 juin 2012

Lait, facteurs de croissance et cancer: pas de panique

Les facteurs de croissance (Société Française du Cancer) contenus naturellement dans le lait et les produits laitiers pourraient être cancérigènes selon certains ouvrages ou parutions internet; cette inquiétude s'est trouvée renforcée du fait que certains traitements récents contre le cancer utilisent des "anti-facteurs de croissance". Attention, il s'agit d'une interprétation abusive de données scientifiques qui prises isolément, ne peuvent donner lieu à aucune conclusion et la situation est nettement plus complexe qu'il n'y parait. D'abord, il ne faut d'emblée pas créer de confusion entre facteurs de croissance et somatotropine (ou "hormone de croissance"), on se souviendra effectivement des cas relativement récents de contamination de cette somatotropine par le prion, responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. On ne parle pas ici de la même famille de substances.

Cette présence de facteurs de croissance potentiellement "cancérigènes" dans les produits laitiers a mené certaines associations à demander une étude et un avis à l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) et ce plus particulièrement sur "IGF-1" (Insulin-like growth factors ou facteurs de croissance insulinomimétiques).

Le groupe de travail vient de remettre récemment ses conclusions (Avril 2012") :

Concernant les liens entre concentration sanguine d'IGF-1 et risque de cancer, des associations positives ont été observées pour certains cancers (cancer du sein, cancer colorectal, cancer de la prostate). S'il existe une plausibilité biologique sous-jacente à ces observations, IGF-1 favorisant la prolifération cellulaire, ce facteur ne peut toutefois pas être incriminé de façon isolée dans la survenue des cancers, dont l’origine est multifactorielle et dépend de nombreux autres facteurs. En outre, les conséquences sur l'organisme de concentrations sanguines élevées d’IGF-1 devraient être interprétées en prenant en compte l’ensemble de leurs effets sur la santé, notamment leurs effets bénéfiques ou délétères potentiels sur le risque d’autres maladies que le cancer (comme l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires...). Enfin, le lait et les produits laitiers contiennent un grand nombre de substances différentes ayant de multiples effets sur l'organisme, dont certains se potentialisent ou s'équilibrent entre eux. Si ce rapport a concerné les relations complexes entre les facteurs de croissance, la consommation de lait et de produits laitiers et le risque de cancer, il apparaît que l'influence des facteurs alimentaires et nutritionnels sur le risque de cancer par l'intermédiaire d’une modulation de la synthèse endogène des facteurs de croissance est un vaste sujet de recherche pertinent et d’actualité, qui doit être étendu à d'autres facteurs alimentaires dont la consommation pourrait être associée au risque de cancer, et pouvant impliquer d’autres mécanismes.

Il semble donc exister peu de risques sur ces facteurs de croissance que contient le lait, celui-ci subissant d'une part de nombreuses transformations avant sa commercialisation (UHT...), réduisant le taux d'IGF-1, facteur également partiellement éliminé lors des phases de digestion et se retrouvant en très faible quantité parmi les IGF-1 naturels circulant dans le sang.