lundi 16 janvier 2012

Aspartame : une polémique de longue date

L'aspartame, édulcorant de synthèse, est utilisé dans un grand nombre de produits et autorisé dans de nombreux pays. Son pouvoir sucrant est environ 200 fois supérieur à celui du saccharose. La controverse autour de l'aspartame dure depuis de très nombreuses années. Dès 1977, la FDA (Food and Drug Administration), refuse au groupe Searle d'agrémenter une molécule : l'aspartame ; elle demande même une procédure pénale après avoir découvert de nombreuses erreurs dans les tests de toxicité présenté par la Searle. Mais après la nomination de Donald Rumsfeld à la présidence du groupe Searle, la situation se débloque. Le procureur chargé de l'enquête pénale démissionne de ses fonctions et rejoint le cabinet d'avocats de Searle. Ronald Reagan nomme à la tête de la FDA, Arthur Hull Hayes, ancien chercheur pour le Pentagone, qui autorise la mise sur le marché de l'aspartame, contre l'avis du comité scientifique. La commercialisation de ce produit aurait permis à la société Searle d'engranger, sous la direction de Rumsfeld, de substantiels bénéfices. (Chicago Tribune) De nombreuses études ont été publiées depuis, dont deux plus essentielles: En 2005, des chercheurs de la Fondation européenne Ramazzini, à Bologne (Italie), présentent à la presse une étude menée sur des rats semblant montrer un effet cancérigène sur le cerveau. Fin 2010, la polémique est relancée par deux études. La première porte sur près de 60 000 femmes enceintes et conclut à un risque plus élevé de naissances avant terme pour les femmes qui consomment des boissons gazeuses aux édulcorants artificiels, la seconde toujours menée par l’Institut Ramazzini conclut que l’exposition à de hautes doses d’aspartame chez les souris induit des tumeurs au foie et au poumon chez les mâles uniquement. La validité de ces études est cependant mise en doute dans un rapport de l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) : rapport ANSES Février 2011. Plus récemment en 2011,à la question posée par le Réseau Environnement Santé (RES) à l'EFSA (European Food Security Authority), il est répondu: "L'EFSA ne dispose pas du dossier de demande d'autorisation de l'aspartame qui devait contenir ces études. Par ailleurs, les contacts que nous avons eus avec nos collègues de la Commission européenne semblent indiquer que la Commission ne dispose plus de ce dossier". Des études complémentaires ont été mises en place par l'EFSA dont les conclusions devraient être rendues en 2012 Une lettre ouverte a également été remise le 15 Novembre au ministre de la santé par le RES : Lettre ouverte, accompagnée d'une note sur la relation entre boissons gazeuses "light" et prématurité : RES
16-01-2012

mardi 3 janvier 2012

Régime pour cerveau en forme

Un régime riche en vitamines et en "bonnes" graisses permettrait aux personnes âgées de garder un cerveau "en forme". Inversement, un régime trop riche en acides gras trans diminuerait les fonctions cognitives et la taille globale du cerveau. Ces conclusions sont le résultat d'une étude d'observation de chercheurs de l'Université de Portland aux États-Unis sur 104 personnes âgées en moyenne de 87 ans. Les vitamines en question dont les taux sanguins sont associés à de bonnes performances cognitives sont les vitamines B (B1, B2, B6, folates, B12), C, D, E. Les "bons lipides" mesurés également dans le sang sont sans surprise les oméga 3. Inversement, les acides gras trans étaient associés à de mauvaises performances cognitives et à une diminution du volume cérébral mesuré en IRM. Ces résultats peu étonnants nécessitent toutefois d'être confirmés par des évaluations faites à partir non plus seulement de dosages sanguins mais associées au régime alimentaire, ce qui est plus complexe en raison des nombreux mélanges et interactions possibles entre les différents aliments et nutriments. S'ils devaient se confirmer, on pourrait ainsi proposer comme c'est le cas pour l'hypertension artérielle, un régime spécial "cerveau".
Source : Neurology
03-01-2012

lundi 2 janvier 2012

Cholestérol : fromage...ou beurre?

Le fromage à pâte dure ne semble pas augmenter le cholestérol total et le LDL-cholestérol (le "mauvais" cholestérol) en comparaison avec un apport équivalent de beurre, bien que ces deux aliments soient riches en acides gras saturés (acides myristique et palmitique en particulier. C'est la conclusion d'une étude parue dans American Journal of Clinical Nutrition et réalisée en cross over ( étude expérimentale dans laquelle on administre à un même groupe de patients 2 ou plusieurs traitements expérimentaux l'un après l'autre dans un ordre déterminé ou au hasard). L'effet du beurre et du fromage sur les lipides plasmatiques a été comparé chez des sujets en bonne santé, soumis à trois régimes : régime habituel, riche en beurre et riche en fromage. Les quantités de beurre et de fromage étaient calculés de manière à égaliser dans les deux groupes les apports en graisses totales, en graisses saturées et insaturées. Par rapport à la consommation de beurre, la consommation de fromage était associée à une réduction de 5,7 % et de 6,9 % respectivement du cholestérol total et du LDL-C, mais aussi à une diminution significative du HDL-C. L'excrétion fécale des graisses n'était pas significativement différente entre les différents groupes Le fromage serait donc moins hypercholestérolémiant que le beurre, peut-être en partie par sa teneur plus riche en calcium (excrétion plus élevée de matières grasses fécale). Cette étude a des limites (nombre peu élevé de patients, manque d'information sur le statut initial des patients quant à leur taux de cholestérol). Sans oublier les recommandations habituelles, une consommation modérée même journalière, ne serait peut-être pas si néfaste...
Source : American Journal of Clinical Nutrition
02-01-2012