lundi 4 juin 2012

Lait, facteurs de croissance et cancer: pas de panique

Les facteurs de croissance (Société Française du Cancer) contenus naturellement dans le lait et les produits laitiers pourraient être cancérigènes selon certains ouvrages ou parutions internet; cette inquiétude s'est trouvée renforcée du fait que certains traitements récents contre le cancer utilisent des "anti-facteurs de croissance". Attention, il s'agit d'une interprétation abusive de données scientifiques qui prises isolément, ne peuvent donner lieu à aucune conclusion et la situation est nettement plus complexe qu'il n'y parait. D'abord, il ne faut d'emblée pas créer de confusion entre facteurs de croissance et somatotropine (ou "hormone de croissance"), on se souviendra effectivement des cas relativement récents de contamination de cette somatotropine par le prion, responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. On ne parle pas ici de la même famille de substances.

Cette présence de facteurs de croissance potentiellement "cancérigènes" dans les produits laitiers a mené certaines associations à demander une étude et un avis à l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) et ce plus particulièrement sur "IGF-1" (Insulin-like growth factors ou facteurs de croissance insulinomimétiques).

Le groupe de travail vient de remettre récemment ses conclusions (Avril 2012") :

Concernant les liens entre concentration sanguine d'IGF-1 et risque de cancer, des associations positives ont été observées pour certains cancers (cancer du sein, cancer colorectal, cancer de la prostate). S'il existe une plausibilité biologique sous-jacente à ces observations, IGF-1 favorisant la prolifération cellulaire, ce facteur ne peut toutefois pas être incriminé de façon isolée dans la survenue des cancers, dont l’origine est multifactorielle et dépend de nombreux autres facteurs. En outre, les conséquences sur l'organisme de concentrations sanguines élevées d’IGF-1 devraient être interprétées en prenant en compte l’ensemble de leurs effets sur la santé, notamment leurs effets bénéfiques ou délétères potentiels sur le risque d’autres maladies que le cancer (comme l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires...). Enfin, le lait et les produits laitiers contiennent un grand nombre de substances différentes ayant de multiples effets sur l'organisme, dont certains se potentialisent ou s'équilibrent entre eux. Si ce rapport a concerné les relations complexes entre les facteurs de croissance, la consommation de lait et de produits laitiers et le risque de cancer, il apparaît que l'influence des facteurs alimentaires et nutritionnels sur le risque de cancer par l'intermédiaire d’une modulation de la synthèse endogène des facteurs de croissance est un vaste sujet de recherche pertinent et d’actualité, qui doit être étendu à d'autres facteurs alimentaires dont la consommation pourrait être associée au risque de cancer, et pouvant impliquer d’autres mécanismes.

Il semble donc exister peu de risques sur ces facteurs de croissance que contient le lait, celui-ci subissant d'une part de nombreuses transformations avant sa commercialisation (UHT...), réduisant le taux d'IGF-1, facteur également partiellement éliminé lors des phases de digestion et se retrouvant en très faible quantité parmi les IGF-1 naturels circulant dans le sang.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire